Automnales 2021 - Economie du Salaire à Vie

    Automnales 2021 - Economie du Salaire à Vie

    Ce dossier regroupe les podcasts et comptes rendus des automnales 2021 de Réseau Salariat qui ont eu lieu fin octobre et début novembre 2021, et qui étaient organisées par le groupe local Nord – Pas-de-Calais et le groupe thématique Économie du salaire à vie.

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    Au sein de Réseau salariat, le groupe thématique économie du salaire à vie s’est proposé de réfléchir au fonctionnement économique d’une société complètement sortie du capitalisme et entièrement passée au salaire à vie. Nous avons récemment publié un premier état de nos travaux.

    Comment la production s’organisera-t-elle, dès lors que chaque résident·e sera reconnu·e comme producteur·trice de sa majorité à sa mort, par une qualification personnelle lui ouvrant droit à un salaire à vie et à participer pleinement à la souveraineté populaire sur l’économie ?

    Comment les décisions de production se feront-elles, dès lors que nous aurons supprimé toute propriété patrimoniale lucrative des moyens de production, et, avec elle, tout profit, pour instituer une co-propriété d’usage des moyens de productions par les travailleur·euse·s ?

    Que deviendra la monnaie dans une société où toute personne jouira d’un salaire à vie, et où la maîtrise collective de l’investissement chassera tout investisseur privé, prêteur ou actionnaire ?

    Quelles formes les échanges commerciaux extérieurs et la coopération internationale prendront-ils, lorsqu’une telle société s’instituera dans un monde encore globalement capitaliste, mais contesté de toutes parts ?

    Nous sommes partis des propositions de Réseau salariat publiées, en particulier, dans la brochure C**aisses d’investissement et monnaie, dont Bertrand Bony fut le principal artisan, en nous intéressant à la monnaie : notre objectif principal fut d’abord de préciser le processus de création-destruction monétaire, peu explicité dans cette brochure, et de proposer une mode de calcul des prix.

    Aujourd’hui, la création et la destruction monétaires sont majoritairement assumées par des banques privées, à l’occasion des crédits qu’elles accordent et de leur remboursement. Or, Réseau salariat propose de supprimer tout crédit pour financer l’investissement, et d’y substituer une subvention de l’investissement par des caisses économiques démocratiquement gérées par les travailleur·euse·s. Comment la création et la destruction monétaire s’opéreront-elles alors ?

    Nos réflexions nous ont conduits à proposer de destiner la création monétaire, non plus à l’investissement, mais au seul versement des salaires, dans la droite ligne du statut du producteur ; et de supprimer tout financement de l’investissement, toute avance de monnaie pour investir et travailler, y compris par subvention, et par conséquent toute cotisation visant un tel financement.

    Quant aux prix, leur formation est rendue problématique par le salaire à la qualification personnelle, et à plus forte raison par son adoption comme seul mode de rémunération.

    Un prix de marché exprime à la fois la position de l’entreprise dans le rapport de force entre concurrents, clients et fournisseurs  (c’est la « main invisible », ou « loi de l’offre et de la demande ») ; et la somme des coûts de production de la marchandise vendue, qui incluent les consommations intermédiaires et les salaires versés par l’entreprise à ses salariés. Or, Réseau salariat propose que les entreprises ne versent plus de salaires : elles cotisent à des caisses de salaires qui, elles, versent les salaires. Comment, dès lors, intégrer la valeur économique des salaires dans les prix des marchandises, pour générer la valeur ajoutée nécessaire au versement des salaires que la cotisation récupérera ?

    Nos réflexions nous ont conduits à faire évoluer certaines thèses de Réseau salariat. Puisque l’on verse les salaires par création monétaire, il n’y a plus à créer d’abord la valeur ajoutée, puis à la socialiser par cotisation, pour ensuite pouvoir verser les salaires : on commence par verser les salaires, puis les travailleur·euse·s produisent de la valeur ajoutée. La cotisation salaires disparaît donc, et le problème de la formation des prix change profondément de physionomie. Nous avons alors élaboré un mode de calcul des prix qui, loin de tout prix de marché livrant les prix au rapport de force dans la chaîne de production et de distribution, permette de vendre tout produit à prix coûtant, c’est-à-dire en intégrant tout le travail nécessaire à sa production, et rien que ce travail.

    Les automnales ici publiées cherchaient à présenter et soumettre à la critique nos travaux et leurs apports pour la lutte actuelle, dans l’espoir de les féconder en retour. Nous invitons qui le souhaiterait à nous adresser ses propositions, remarques, questions et critiques, ou à nous rejoindre pour poursuivre, enrichir et développer notre travail (contact-economie@reseau-salariat.info).

    La présente publication de ces automnales est composée des ateliers suivants :

    Présentation des automnales et du groupe thématique, par Cyril.

    – Atelier 1 : Présentation générale de l’économie du salaire à vie, par Xavier.

    – Atelier 2 : Proposition de calcul des prix dans une économie du salaire à vie, par Bernard.

    – Atelier 3 : Monnaie et Sécurité sociale de l’alimentation, par Chrystelle (gt ssa) et Bernard.

    – Atelier 4 : Salaire à vie numérique, par Guillaume et Xavier.

    – Atelier 5 : Salaire à la qualification personnelle et féminisme, par Christine, Isabelle et Laura.

    – Atelier 6 : Foire aux questions, avec les intervenant·e·s des ateliers.

    Atelier 7 : Débats et perspectives, animé par Cyril, avec Loïc Chaigneau, Benoît Borrits, Christine Jakse, Bernard Friot, et l’assemblée.

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