Au-delà de la propriété, Pour une économie des communs

par Benoît Borrits La Découverte 7 octobre 2019

Présentation
Au-delà de la propriété, Pour une économie des communs

À partir d’une enquête sur le mouvement coopératif, les diverses approches de la propriété collective au XIXe siècle, l’étatisation soviétique, la socialisation espagnole de 1936 et la tentative de correction autogestionnaire des communistes yougoslaves, ce livre propose de penser un au-delà à la propriété productive, qu’elle soit privée/capitaliste ou collective. Il montre que, jusqu’ici, deux grandes formes de propriété collective ont été expérimentées : la coopérative et l’étatisation des moyens de production. Dans la première, le capital, même second, tend à reprendre le dessus en cas de succès de l’entreprise. Dans la seconde, elle induit une concentration du pouvoir excluant ceux au nom de qui elle a été réalisée. Ces échecs sont inhérents à la notion même de propriété : excluante et centralisatrice par nature. Même collective, une propriété reste un instrument d’oppression.

Le XXe siècle a été porteur d’innovations qui permettent d’envisager la disparition de la notion de propriété productive : les cotisations sociales, car elles contestent le régime de la propriété par l’imposition de règles de distribution des revenus, et le financement des actifs des entreprises par endettement, car il ouvre la voie à la disparition des fonds propres. Le prolongement de ces innovations permet de relativiser la notion même de propriété et d’envisager que travailleurs et usagers d’une unité de production puissent avoir sur elle un droit de codirection. L’unité productive devient ainsi un commun à côté d’autres communs assurant des tâches de financement des actifs, de mutualisation des investissements, de redistribution et de péréquation des revenus. C’est l’articulation de ces différents communs qui permet d’envisager la disparition totale de la propriété productive.

Sommaire

Préface.

Propriété ou commun ?

Introduction 1.

Le mouvement coopératif

La coopérative et ses principes

Les coopératives de travail

Les coopératives d'usagers

Coopératives d'usagers ou de producteurs ?

Coopératives multicollèges

Même second, un capital reste toujours un capital

2. Socialismes du XIXe siècle

Louis Blanc et l'État initiateur

Proudhon contre l'État et la propriété

Marx et Engels : une position changeante

Jaurès et la tentative de dépérissement de l'État par la nation

3. Les révolutions du XXe siècle

L'Union soviétique : la propriété collective par l'État

Espagne 1936 : une révolution des conseils

4. La correction autogestionnaire

Les différentes phases de l'autogestion yougoslave

Un débat inachevé sur la « propriété sociale »

Le mouvement autogestionnaire français

5. La propriété collective est une impasse

Trois modèles de propriété collective

L'hypothèse de la non-propriété

L'articulation plan/marché/revenus

Innovations à l'actif du bilan de l'entreprise

Innovations au passif du bilan de l'entreprise

6. Socialisation par les revenus

De nouveaux développements des cotisations

La péréquation de la richesse produite et disponible

Vers un revenu d'existence ?

Sécuriser les salaires ?

Pour un débat démocratique sur la socialisation du revenu

Partage des rémunérations à l'intérieur de l'entreprise

7. Socialisation par le financement

Vers une société sans fonds propres ?

Une société sans fonds propres, comment ?

Quel système financier socialisé ?

Se débarrasser des marchés financiers

Budget socialisé et planification

8. L'irruption démocratique

Deux niveaux de pouvoirs

Représentation des usagers et retour de la valeur d'usage ?

Une planification spontanée ?

La faillite, limite de la démocratie

Conclusion

Notes

Sigles

Remerciements.