Intervention aux « rendez-vous de l’ÉSAAB » - "Faut-il être radical?"

Détails
Ésaab, École Supérieure des Arts Appliqués de Bourgogne, Lycée de la Communication Alain Colas
Rue d'Estutt de Tracy
58000 Nevers
Catégories Conférence Formation Débat
Intervenant Bernard Friot
Organisateur Ésaab
Présentation

Faut-il être radical ?

Quand la perte du sentiment d’exister provoque une recherche identitaire — personnelle ou collective, plaçant la question « qui sommes-nous?» ou « qui suis-je? », au centre de tout — la tentation du repli ou d’une posture de singularité affectée est grande et peut mener à la forme délétère de l’égo-radicalité.

C’est le cas dans de nombreux domaines, mais aussi et plus particulièrement pour une certaine idée des pratiques dites « de la création » captives qu’elles peuvent être des effets de communication, de style et fondées sur une lecture de l’histoire des arts, des images et du design comme instruments de prédation, moyens d’imposer une marque distinctive.

Pour ne relever que deux symptômes de cet état de fait dans la presse :

« Identifiable entre mille pour son nom sans majuscules et sa frange radicale, matali crasset sublime la fonction dans des objets poétiques, bucoliques en souvenir de sa Champagne natale et de son amour inconditionnel pour la campagne. »

Marie France, « Pourquoi se précipiter chez Tex ?

Pour matali crasset », C. Bézard, 15/06/2017

« Alors que Paris lui consacre une rétrospective, l’architecte français assume son discours radical. Sans craindre la polémique. »

Paris Match, « Rudy Ricciotti, Archi provocateur »,

entretien avec E. Couturier, 22/04/2013

Il est sans doute possible de résister à l’impasse de cette radicalité concupiscente en faisant l’hypothèse d’une autre forme de conduite, sonnant en apparence comme un oxymore : celle d’une radicalité accueillante. En effet, si cette dernière peut s’accompagner de l’audace de la rupture, elle n’empêche pas forcément, dans son imprévisibilité, l’ouverture à l’autre, et peut receler des poussées fécondes ayant le courage d’aller là où on ne les attend pas.

Ainsi, la question « Faut-il être radical? » n’appelle pas une réponse univoque qui consisterait à proposer l’idéal-type du créateur, mais plutôt à relever un certain nombre de visages, de situations, de productions, de réflexions qui témoignent de positions foncièrement affranchies, régénérantes, quel que soit le domaine ou le terrain.

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Les noms des participants aux « rendez-vous de l’ÉSAAB » sont les suivants (sous de réserve de confirmation) :

premier jour,

Achim REICHERT Vier5 (graphiste)

Léonore CONTE (graphiste, doctorante)

deuxième jour,

Juan BRANCO (avocat, journaliste et homme politique)

Dominique MATHIEU (designer)

troisième jour,

Anne LACATON (architecte)

Bernard FRIOT (sociologue et économiste)