Caisses d’investissement et monnaie

17 août 2016

    Caisses d’investissement et monnaie

    Après avoir élaboré ce que serait le statut politique du producteur, explicité la nature révolutionnaire de la retraite, et avoir comparé ses thèses avec celles pour un revenu inconditionnel, Réseau Salariat propose, dans une nouvelle brochure de sa collection, d’explorer ce que seraient les institutions de gestion de l’économie en dehors du capitalisme. Oser aller vers cet horizon marque un pas de plus vers l’émancipation du système capitaliste : plus rien d’inéluctable, aller de l’avant et proposer un projet sociétal nourri du déjà-là et devant se confronter à des difficultés inédites.

    En effet, pour Réseau Salariat, le salaire à vie ne saurait se concevoir sans conquête par le salariat de la propriété d’usage des moyens de production. C’est pourquoi Réseau Salariat propose de donner un statut politique aux producteurs dont l’objectif principal est de rendre aux citoyens l’aptitude à décider de l’affectation de la valeur économique.

    Il s’agit de se passer du crédit et des intérêts pour le financement de l’investissement, par la mise en place de caisses de financement de l’économie, se substituant aux banques et aux actionnaires, et chargées en particulier de financer les projets d’investissement par subvention, non seulement sans intérêt, mais aussi sans remboursement. Le fonctionnement de ces caisses doit être autant indépendant de l’Etat que celui-ci doit garantir leur existence.

    Le statut politique du producteur postule, à travers la qualification personnelle, l’égalité de tous dans la délibération politique de la valeur. Cette égalité devrait se traduire dans la constitution et le fonctionnement des instances délibératives au sein des caisses. Les caisses seraient donc les institutions démocratiques chargées de la délibération politique sur la création de valeur économique.

    Pour autant, cette proposition suscite parfois de vives réactions qui sont légitimes au regard de l’histoire et des tentatives catastrophiques de centralisation et de planification étatiques. De la prise en compte de ces éléments naît un souci constant de ne pas reproduire les dérives qui leur sont propres impliquant un redoublement de notre vigilance dans l’élaboration de telles propositions. Par conséquent, ce texte vise à tracer les contours de ce que pourrait être le fonctionnement des caisses d’investissement, à esquisser des réponses aux questions ou objections qu’il suscite, mais aussi, à faire état des « inconnues » auxquelles l’histoire devrait faire face si ces propositions étaient mises en œuvre.