Alstom et les thèses de Réseau Salariat

by Réseau Salariat Auvergne September 15, 2016

    Notre problème auprès des gens séduits par nos propositions, c'est que nous n'avons pas de concrétisations sur le terrain, contrairement, par exemple, aux expérimentations de Bernard Stiegler sur Plaine Commune (chez Braouezec). Bien sûr, eux, ils veulent aménager le capitalisme sous le triptyque : salaire de base, autoentrepreneuriat, CPA, et ils ont l'oreille de tous ceux qui voudraient bien aménager ce monde de la loi El Khomri.

    En Auvergne, nous avons quelques projets, pour le moment un peu dans les limbes, pour construire localement sur un secteur d'activité un commun sur NOS bases, que ce soit à partir d'auberges ou de l'élevage. N'y aurait-il pas avec l'affaire d'Alstom un cas d'école à traiter au fond et à un autre niveau ? Car le pouvoir veut bien « sauver » Alstom, mais surtout pas effrayer les actionnaires. Autrement dit, ça va faire comme Florange.

    Or nous pourrions lancer quelques pistes à proposer aux syndicats :

    • Et si les travailleurs hautement qualifiés de la boite se disaient : quel est le problème ? Nous savons construire des trains, notre carnet de commandes est plein, c'est juste les actionnaires, ces parasites, qui nous empêchent de donner la pleine mesure de ce que nous savons faire.
    • L’État actionnaire à 20% pourrait sur simple décision politique passer à 100%, « sans indemnité ni rachat » (ils se sont suffisamment gavés) et donner la boite en propriété d'usage à ses salariés.
    • On pourrait mettre en place sur tout ce secteur ferroviaire des caisses de salaire et des caisses d'investissement, en en parlant bien sûr aux cheminots.

    Bien sûr, ce n'est sûrement pas ce pouvoir-là qui va le faire, mais il nous vous a pas échappé que nous sommes entrés en campagne présidentielle et cette affaire Alstom et la façon dont elle va être traitée va avoir des conséquences plus importantes qu'Air France ou les GoodYear ou Florange ou les Conti. Donc saisissons en nous, réunissons les syndicats de la métallurgie et de la SNCF et autres « filiales » et construisons ensemble ce commun là anticapitaliste comme l'ont été les mesures révolutionnaires de 1946. L'importance de cette question du transport ferroviaire qu'on peut aussi étendre à la RATP ou aux transports sur route ou dans les airs n'est pas, comme a dit Bernard Friot, le Larzac(*). Alors soyons offensifs.

    Gérard Blanchet, membre de Réseau Salariat Auvergne.

    Doyet, le 14 septembre 2016

    (*) en fin de l'audition par jlm2017 : https://youtu.be/tpyQp_9txE0