Yes We Can

par Bernard Friot 5 septembre 2011

    Yes We Can

    Nous pouvons en finir avec les maîtres-chanteurs, ces propriétaires de portefeuilles de titres sur les marchés financiers qui prennent en étau les peuples sous le chantage du chômage et de la dette.

    Nous pouvons remplacer le crédit par une cotisation économique qui supprimera la propriété lucrative au bénéfice de la propriété d’usage et d’un financement de l’investissement sans aucune dette. Nous en aurons fini avec la dette et donc avec les prêteurs, ces parasites fort dangereux.

    Nous pouvons supprimer le marché du travail, cet instrument décisif de notre impuissance collective de demandeurs d’emploi, en attribuant à chacun une qualification et donc un salaire à vie grâce à la création, sur le modèle de la sécurité sociale, d’une cotisation finançant le salaire. Nous en aurons fini avec le chômage et donc avec les employeurs : pas avec les nécessaires entrepreneurs, mais avec les maîtres de l’emploi, dotés du pouvoir féodal de décider, eux, de ce qui est travail dans notre activité, et de qui peut travailler.

    Bref nous pouvons transformer tout le PIB en cotisation salaire, cotisation économique et cotisation sociale, donc en salaire socialisé, et poser ainsi au cœur des droits politiques notre capacité, individuelle et collective, à créer la valeur économique sans employeurs ni prêteurs.

    Nous le pouvons car, loin d’être prisonniers de la broyeuse que nos maîtres et leurs valets décrivent pour nous faire peur, nous disposons d’institutions émancipatrices considérables. Nous pouvons nous passer totalement de la propriété lucrative et du marché du travail parce que nous le faisons déjà largement, et avec quelle efficacité en comparaison à l’impasse dans laquelle ces institutions du capital nous conduisent. La cotisation sociale finance des pensions et des soins de santé libérés de la propriété lucrative et montre qu’il n’y a nul besoin d’accumulation financière pour financer l’investissement; le salaire à la qualification du secteur privé, le grade de la fonction publique, le salaire à vie des retraités montrent que l’on travaille mieux, et pour faire des choses plus utiles, quand on est libéré du marché du travail.

    Ces institutions émancipatrices, nées dans le conflit salarial, sont des institutions salariales qui nous ouvrent les voies de sortie du capitalisme. A condition qu’elles deviennent l’enjeu d’une action collective délibérée pour affirmer le salariat comme classe apte à remplacer les capitalistes. Nourrir cette action par de l’éducation populaire est le projet de Réseau Salariat.