Y a-t-il une vie après le salariat ?

Paris, Sunday October 2, 2016 | 17:00 - 20:00

Details
Cinéma "5 Caumartin"
101 Rue Saint Lazare
75009 Paris
Category Debate
Attendees Stéphane Simard-Fernandez Noémie de Grenier Angelika Gross
Organizer Attac
Introduction
Y a-t-il une vie après le salariat ?

Le festival de cinéma d'Attac "Images mouvementées" déménage : direction le cinéma 5 Caumartin, à Paris St Lazare !

La 14e édition aura lieu du 30 septembre au 2 octobre 2016

autour du thème :La dé-fête du travail

Avec une Europe pas sociale mais ultralibérale, le code du travail - normal ! - se fait la malle. C'est les marchés qui nous gouvernent et nous mettent le boulot en berne.

Du moment qu'on rémunère toujours plus les actionnaires, adieu l'héritage du Front populaire, du CNR 1, bienvenue dans l'ère Thatcher ! Métro, boulot, dodo… au revoir acquis sociaux. Le CDI bientôt décédé, mort et enterré, vive les stages et les CDD, c'est l'assurance- précarité !

El Khomri, nous on pleure. Les promesses socialistes comptent pour du beurre ? Avec toutes ces régressions, on sera juste de la chair à patrons : retour à Germinal, passe-moi la lampe frontale. Et pour ceux qui ne sont pas contents, c'est un coup de 49-3 dans les dents, ou de flashball dans l'épaule !

Quand tu bosses, ça te cabosse : aller tous les matins au turbin, devenir larbin pour un gagne-pain… Le travail, ça rime souvent avec aïe ! Aliénation, exploitation, déshumanisation, dépression, quel horizon ! Ça donne des douleurs terribles, d'être un travailleur flexible. Et puis l'auto-esclavagisme, ça c'est l'Uber-libéralisme.

On ne veut ni patron, ni Macron : on veut de l'auto- gestion ! Même s'il faut passer toutes nos nuits debout, on ne se mettra pas à genoux. Tu brades la France à la finance, mais tiens-toi bien, Hollande : on veut tous des dividendes ! Oui, on veut des sous et du temps pour nous, pas des fortunes immenses mais des activités qui aient du sens.

S'faire des toiles, c'est au poil ! Après le cinéma, place aux débats : réfléchir à plusieurs peut donner le meilleur.

Et après le clap de fin, pour pas rester sur sa faim : un p'tit coup à boire, et en route pour l'espoir !

Projection du film "Entrée du personnel"

de Manuela Fresil - Documentaire, France, 2011, 59 mn

L'abattoir est loin de tout, tout au bout de la zone industrielle.

Au début, on pense qu'on ne va pas rester. Mais on change seulement de poste, de service. On veut une vie normale. Une maison a été achetée, des enfants sont nés. On s'obstine, on s'arc-boute. On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps. On tient quand même, jusqu'au jour où l'on ne tient plus. C'est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent.

Alors l'usine vous licencie.

À moins qu'entre temps on ne soit passé chef, et que l'on impose maintenant aux autres ce que l'on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela.

débat: Y a-t-il une vie après le salariat ?

Avec

Stéphane Simard-Fernandez, membre du Conseil d'Administration de Réseau Salariat,

Noémie de Grenier, co-directrice générale de Coopaname,

Angelika Gross, membre du Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB)

Souffrance au travail, exploitation, déshumanisation, maltraitance, harcèlement, management par la peur…

Salariat rime plus souvent avec asservissement qu'avec épanouissement. Aujourd'hui, l'automatisation réduit les besoins en personnel, et avec le développement du chômage massif, des contrats précaires, de l'intérim, de la sous-traitance, de l'auto-entreprenariat, le salariat tel qu'on l'a connu sera peut-être bientôt plus l'exception. Cela pourrait conduire à une « ubérisation » de la société dont on devine déjà les effets pervers. Mais cela pourrait aussi être pour le meilleur avec une autre forme de redistribution des richesses : revenu inconditionnel, salaire à vie… Les activités humaines ont plus de la valeur que celle que le marché leur accorde. Nous pourrions ainsi nous demander à quoi nous voulons réellement travailler.